lundi 10 mars 2014

Haïti dans le collimateur du Département d’Etat américain





NATIONAL
 
Droits humains

Le Nouvelliste | Publié le : 07 mars 2014 

Alors que le gouvernement clame des avancées considérables sur le respect des droits de l’homme en Haïti, la communauté internationale n’est pas pour autant convaincue. Un rapport du bureau de la démocratie des droits de l’homme et du travail du Département d’Etat américain relève les impairs de l’administration Martelly au cours de l’année 2013.



 Des allégations de recours à la force contre des suspects et des manifestants ; la surpopulation et le manque d'hygiène dans les prisons ; la détention préventive prolongée ; un système judiciaire inefficace, des élections sénatoriales et municipales retardées depuis octobre 2011, la liste des dérives reprochées à l’administration Martelly est encore longue. Dans ce rapport, les représentants des droits de l’homme passent au peigne fin les nombreux forfaits qui éclaboussent le pouvoir en place.

Ils sont critiques envers le gouvernement et relèvent que des fonctionnaires locaux et municipaux dont les mandats ont pris fin depuis mai 2011 ont été remplacés par des personnes nommées par l'exécutif. Dans la foulée, ils dénoncent le retard des élections pour combler les 10 sièges vacants au Sénat. « Ce vide au niveau du Parlement, révèle le rapport, a provoqué d’importants problèmes de quorum au Sénat ».

 Les rapporteurs ont pointé du doigt le président Martelly qui, a maintes reprises, a tenté de s’immiscer dans les décisions des membres du Collège transitoire du Conseil électoral permanent(CTCEP) après avoir lui-même ordonné sa formation. Dans la même veine, le chef de l’Etat a convoqué son propre groupe de travail pour étudier et réviser le projet de la loi électorale pendant deux mois, alors qu’il avait engagé la société civile et les représentants des partis politiques à rédiger cette même loi pour ensuite l’acheminer à l'exécutif. Un acte que la société civile, les partis politiques d'opposition et les parlementaires ont vertement critiqué, soutenant que le président Martelly avait l'intention de retarder le processus électoral. « Malgré les nombreuses promesses du gouvernement, souligne le rapport, les élections se font encore attendre. »

 Dans ce rapport, les représentants des droits de l’homme dénoncent des fonctionnaires de l’Etat et des agents de la PNH qui pratiquent des violations flagrantes des droits du citoyen. Parmi les actes perpétrés par des fonctionnaires de l’Etat et de la police, certains cas retiennent l’attention. En avril dernier, Mérius, un résident du camp Acra, situé dans la région métropolitaine, est mort en garde à vue après un passage à tabac par des agents de la PNH lors de son arrestation.

 Selon des ONG internationales, indique le rapport, la victime a été arrêtée pour avoir participé à une nuit de protestations. L’inspecteur de la PNH, Jean-Faustin Salomon, a fait croire que Mérius avait été tué par d'autres participants lors de la manifestation. Cependant, des témoins ont certifié avoir vu Mérius grièvement blessé à son arrivée au commissariat de police. De plus, ils affirment que Mérius jetait des détritus dans sa poubelle quand les forces de l’ordre l’ont emmené de force pour ensuite le placer en garde à vue. A la fin du mois de mai, son avocat et d’autres victimes de la manifestation ont reçu des menaces de mort parce qu’ils racontaient publiquement la vérité sur l’incident. « A date, aucune investigation n’a été faite », poursuit le rapport.

Les affaires Walky Calixte, Vanel Lacroix, Enold Florestal et le dossier de la fusillade de Marie Sony Dorestant en février 2012 par le juge de paix suppléant de Chantal, Barthélemy Vaval, sont autant de cas de violation des droits de l’homme irrésolus que mentionne le rapport du Département d’Etat américain. Aussi, le rapport fait état des cas de maltraitance tandis que la loi interdit de telles pratiques. « Il y a plusieurs rapports d'ONG internationales et nationales selon lesquels les membres de la PNH auraient frappé et maltraité des suspects ou des détenus. Plusieurs rapports ont indiqué que des agents de correction utilisent les châtiments corporels et la violence psychologique pour maltraiter les prisonniers ».

Les défenseurs des droits de l'homme ont aussi proposé au gouvernement haïtien de remanier le code civil haïtien, qui, selon eux, date de 1880. Cette vétusté, indique le rapport, empêche les représentants de l’appareil judiciaire d’être à jour. « La Constitution nie explicitement que la police et les autorités judiciaires peuvent interroger un suspect, sauf si un avocat ou un représentant de son choix est présent ou si le suspect renonce à ce droit ».

Des journalistes n’ont pas non plus été épargnés des dérives des forces de l’ordre et des fonctionnaires de l’administration Martelly. « Plusieurs journalistes ont fait l'objet de menaces, de harcèlement et d'agression physique en raison de leurs rapports tout au long de l'année 2013 », stipule le rapport. En janvier de la même année, la cour d'appel de Hinche a abandonné les charges contre l'ancien maire de Thomonde, Jean Soverne Delva, accusé d’avoir caché et protégé un membre de son équipe de sécurité, Jean-Robert Vobe, après que ce dernier eut grièvement blessé Wendy Phèle, un correspondant de Télé Zénith a Thomonde en avril 2011. Soverne Delva a été reconduit à son poste.

Si le gouvernement prévoit des sanctions pénales contre la corruption des fonctionnaires, la loi n’a cependant pas été appliquée avec efficacité. Des fonctionnaires se trouvent toutefois impliqués dans des affaires louches. Les cas de Laventure Edouard, dit Mòlòskòt, de Alcidonis Henry, un ancien fonctionnaire de l'éducation dans le département du Nord, soupçonné d'avoir détourné 10 millions de gourdes des fonds du programme d'éducation gratuite du gouvernement n’ont pas pu être retracés. 

Bien que le gouvernement continue de mettre en œuvre des réformes juridiques, administratives et de gestion visant à accroître la reddition de comptes dans plusieurs ministères et institutions gouvernementales, la corruption demeure très répandue dans toutes les branches et à tous les niveaux de l’administration publique.

Joubert Rochefort
jrochefort@lenouvelliste.com

jeudi 6 mars 2014

Mobilisation autour de la maison d'André Breton

LE MONDE |  
Par 
La maison d'André Breton à Saint-Cirq-Lapopie (Lot).
La maison d'André Breton à Saint-Cirq-Lapopie (Lot) est à vendre pour 770 000 euros. « Une somme effrayante, inabordable », selon Gérard Amigues, conseiller général socialiste du Lot chargé de la culture et du patrimoine, qui n'a pas effrayé un acquéreur potentiel, qui serait, selon l'élu, « un galeriste new-yorkais richissime ».

Depuis que la nouvelle a filtré, les amoureux de l'écrivain surréaliste se mobilisent pour sauver cette « rose impossible ».

C'est en 1950, lors d'un voyage, qu'André Breton découvre le village de Saint-Cirq-Lapopie, perché sur une falaise au-dessus de la rivière. Il y voit une . En 1951, il y acquiert une maison. Assez vaste demeure construite contre la falaise aux XIIe et XIIIe siècles, elle se compose principalement d'un corps de logis éclairé par des fenêtres gothiques géminées et d'une tour de guet de trois étages.

La maison, appelée Manoir des pêcheurs, était au Moyen-Âge celle de l'une des familles aristocraitques de Saint-Cirq-Lapopie, qui en assurait la défense. Elle est inscrite depuis 1929 à l'Inventaire supplémentaire des monu...

Vent d'optimisme au Salon de Genève

Le Monde.fr |  • Mis à jour le  |




La troisième génération de la Twingo de Renault, présentée au Salon de Genève le 4 mars.

Un marché européen enfin stable, voire en faible croissance en 2014. Et les sourires refleurissent sur les visages des dirigeants du secteur après deux années sombres. Au Salon de Genève, qui ouvre jeudi 6 mars au public, l’optimisme était donc de mise.



Mais la crise a changé les habitudes, et cette année « il y avait peu de voitures qui font vraiment rêver », confie, un peu dépité, un professionnel. L’Alfieri, le nouveau coupé de Maserati, la future Jaguar XE, la Lamborghini Huracan ou la 650S de McLaren peuvent faire tourner quelques têtes… mais les amateurs restent sur leur faim.

Côté concept, beaucoup de constructeurs ont présenté leur SUV (sport utility vehicle) de différentes tailles. Volkswagen et son T-Roc, Hyundai et son Intrado, Subaru et son Viziv, ou Mitsubishi et son AR préfigurent les futurs 4 × 4 urbains du marché…

Enfin, le Salon de Genève était le paradis des mini-citadines. Renault a présenté sa nouvelle Twingo, repensée de A à Z, tandis que PSA et Toyota ont présenté la triplette 108-C1-Aygo, et Opel sa déclinaison rock d’Adam.

Malgré l’optimisme ambiant, quelques nuages apparaissent à l’horizon, notamment en Russie. Aucun dirigeant n’est vraiment rassuré par la tension qui règne en Ukraine. « On suit attentivement la situation, mais pour l’instant on ne constate pas de changement », assurent en cœur les dirigeants de Toyota, Volkswagen, Renault ou PSA.
« Mais il n’y a aucun doute que si la situation en Russie et en Ukraine reste aussi tendue, ou si cela se dégrade, cela va peser lourdement sur la demande enEurope de l’Ouest », assurait mardi Sergio Marchionne, le patron de Fiat Chrysler Automobiles.

  • Le printemps de PSA
C’est une récompense qui fait du bien à PSA Peugeot Citroën. Le groupe a remporté le titre de voiture de l’année 2014 pour la nouvelle 308. « Au moins, on reparle du produit », s’est enthousiasmé Maxime Picat, le patron de Peugeot
C’est que, depuis plus d’un an,  le constructeur a animé la chronique avec des pertes financières abyssales, une restructuration douloureuse et une course contre la montre afin de faire entrer dans son capital, au côté de la famillePeugeot, le constructeur chinois Dongfeng et l’Etat.
Et puis, Carlos Tavares, le futur président du directoire de PSA,  a fait sespremiers pas sans son pin’s Renault.


Le futur président du directoire de PSA inspectait, mercredi après-midi avec l’ensemble des dirigeants du groupe, l’offre de la concurrence. « Il regarde chaque détail et la qualité du moindre élément… », confie un dirigeant relativement satisfait de cet aspect du personnage.

« Il faudra voir ensuite sur la stratégie et les finances, comment il se comporte par rapport à Philippe Varin, son prédécesseur… » Ce dernier ne s’est pas montré au Salon. Et pourtant, il était à Genève. Mercredi, il a présidé la réunion de l’Association européenne des constructeurs automobiles dans son styleflegmatique et diplomate.  

  • Les Allemands un peu en retrait
Si les stands sont toujours aussi imposants, les constructeurs allemands ont moins fait le show cette année. Vexé d’avoir été doublé pour la voiture de l’année (sa i3 est la dauphine de la 308), BMW n’a pas pour autant de grands motifs de se plaindre : le groupe entend atteindre le seuil des 2 millions de ventes dès 2014, deux ans avant la date qu’il s’était fixée…

S’il ne le dit pas, Volkswagen devrait également atteindre son objectif de 10 millions de voitures vendues en 2018 dès cette année… Pour autant, Toyota s’accroche à sa première place, « mais l’écart se réduit », se réjouit Christian Klingler, membre du conseil de direction de Volkswagen. 

  • Un entrant et des sortants
Genève est habituellement l’occasion pour les marques plus confidentielles debriller. Mais cette année est très particulière. Quelques marques préparent leur départ. Et cela se voit par l’indigence de leur stand. C’est le cas de Lancia, qui présente quatre exemplaires identiques de son Ypsilon, sa citadine. Et rien d’autre… De fait, Sergio Marchionne, le patron de la marque, l’a rappelé : « Lancia sera centré sur l’Italie. Pour le reste… »

Autre marque en train de préparer son départ : Chevrolet. Le 5 décembre 2013, General Motors (GM) décidait de son retrait d'Europe car il aurait fallu trop investirpour espérer un jour gagner de l’argent. « GM a en revanche décidé decommercialiser la Corvette et la Camaro et de renforcer Cadillac. C’est un soulagement », confie un cadre de GM en Suisse.


Alors que ces marques n’arrivaient pas ou plus à tenir en Europe, Qoros, fruit d’une coentreprise israélo-chinoise, poursuit son développement. Après une berline tricorps, la marque, qui est distribuée d’avantage en Chine que sur le Vieux Continent, a dévoilé sa Qoros 3 bicorps. Pas sûr que cela suffira à conquérir le marché européen. A suivre.

La CIA espionnait des travaux parlementaires confidentiels

Le Monde.fr avec AFP | 

La CIA a-t-elle cherché à entraver une enquête parlementaire du Sénat américain sur les techniques d'interrogatoire controversées, qui ont valu aux Etats-Unis d'être accusés de pratiquer la torture dans les années 2000 ?

De récentes révélations du New York Times indiquent en tout cas que les servicessecrets américains ont espionné des collaborateurs de parlementaires qui enquêtaient sur la question.

Selon le quotidien, qui cite un responsable anonyme, la CIA a réussi à pénétrer le réseau informatique du Sénat utilisé par ces collaborateurs pour rédiger le long rapport qui a conclu, en décembre 2012, que la création des « sites noirs », des réseaux de prisons clandestins où avaient lieu les interrogatoires, avait été une« terrible erreur ».


Le rapport confidentiel, long de 6 000 pages et fruit de trois ans et demi d'enquête, concluait que les techniques d'interrogatoire « musclées », comme la simulation de noyade, n'avaient pas conduit à des renseignements ayant permis de localiserOussama Ben Laden, tué en 2011 au Pakistan. Il n'a, à ce jour, pas été déclassifié.

« Si c'est ce qu'ils ont fait, je suis scandalisé, a dit le républicain John McCain à des journalistes mercredi 5 mars. On ne peut pas tolérer cela dans une démocratie, il existe une séparation des pouvoirs. »

L'ineptie des Occidentaux pousse l'Ukraine vers le chaos

UKRAINE

C'est la diplomatie occidentale inculte et superficielle qui exacerbe la situation très tendue en Ukraine. Pis, elle met la Russie sur la défensive, avec des conséquences imprévisibles, affirme un chroniqueur britannique.
Dessin d'Arend.Dessin d'Arend.
Il se dit que les gouvernements occidentaux ont été pris au dépourvu par la vitesse des événements en Ukraine. Cela n'a rien d'étonnant. La surprise des responsables occidentaux et de leurs observateurs face, en particulier, à la rapide évolution du conflit en Crimée est l'illustration de leur inculture géopolitique et de la superficialité de la diplomatie occidentale moderne. Quiconque a une connaissance minime de l'histoire et de la position géopolitique de la Russie peut comprendre que ce qui se passe en Crimée a tout autant d'importance pour Moscou que les événements dans des villes russes comme Rostov ou Volgograd.

Difficile d'en vouloir à qui suit les médias occidentaux de considérer la Russie comme une puissance tentaculaire, agressive et expansionniste, prête à la moindre occasion à partir à la reconquête des pays voisins. Pourtant, en réalité, et en dépit des poses nationalistes que prend à l'occasion Vladimir Poutine, la Russie est devenue une puissance du statu quo, sur la défensive. Depuis l'éclatement de l'Union soviétique, elle voit son pouvoir et son influence reculer. Elle peine à garder une emprise sur le Caucase et se trouve confrontée à un mouvement islamiste bien plus redoutable qu'aucun de ceux qui défient directement les sociétés occidentales. A l'Ouest, la Russie se sent menacée par la pression politique et culturelle qu'exerce l'Europe. Dans un tel contexte, on peut comprendre qu'une frange non négligeable des élites russes ait le sentiment que c'est l'intégrité même de leur nation qui est en jeu.

Les diplomates occidentaux semblent bien oublieux de leur propre implication dans la crise actuelle

La plus grande réussite de la diplomatie occidentale en Ukraine, et en particulier de la diplomatie de l'Union européenne, aura été de pousser un peu plus la Russie sur la défensive. L'intervention de Moscou en Crimée s'explique au moins en partie comme une réaction à ce que les Russes considèrent comme une ingérence étrangère systématique en Ukraine. Les ONG et les gouvernements occidentaux ne cessent de dénoncer l'intrusion russe dans les affaires ukrainiennes – pourtant la Russie est loin d'être le seul intrus dans ce pays. L'Union européenne et les Etats-Unis ont affiché un soutien débordant au mouvement d'opposition à Kiev. Bon nombre d'éminents responsables politiques occidentaux, dont le ministre allemand des Affaires étrangères, se sont rendus dans la capitale ukrainienne pour afficher leur solidarité avec les manifestants. Qu'est-ce donc, sinon une intrusion dans les affaires ukrainiennes ? Imaginez Poutine venant à Londres pour soutenir le mouvement Occupy ou les émeutiers : on serait scandalisé devant une ingérence aussi grossière dans les affaires intérieures d'un Etat souverain.

Les diplomates occidentaux semblent bien oublieux de leur propre implication dans la crise actuelle en Ukraine. Encourageant le mouvement d'opposition à abattre le gouvernement Ianoukovitch, ils n'ont pas réfléchi un instant aux conséquences d'un tel changement de régime pour les affaires intérieures tant de l'Ukraine que de la Russie. Ils n'ont pas envisagé, en particulier, le risque qu'un conflit politique dégénère en un conflit ethnique entre Ukraine orientale et occidentale. Pas plus qu'ils n'ont considéré la possible cristallisation d'un conflit politique intérieur à l'Ukraine en conflit extérieur, entre la Russie et l'Ukraine.

Cette intervention inepte des Occidentaux en Ukraine s'inscrit dans une série de calamiteuses tentatives de renversement politique menées ces dernières années, et dernièrement en Libye et en Syrie. Dans toutes ces opérations, l'intrusion occidentale a eu à chaque fois pour conséquence d'internationaliser et d'intensifier des conflits au départ relativement circonscrits, qui finissent par menacer de déstabiliser des régions entières. Une chose est sûre cependant : la Crimée n'est pas la Syrie, et la Russie est une puissance militaire sans commune mesure avec la Libye de Kadhafi. Quiconque prétend donner des leçons à la Russie doit le savoir : il joue avec le feu.

dimanche 2 mars 2014



ECONOMIE

La plateforme Jobpaw.com fait des heureux
  
Le Nouvelliste | Publié le : 28 février 2014
C’est dans une ambiance de fête que Dr. Roberts Waddle, CEO de la plateforme Jobpaw.com, des responsables de la Digicel et de la Bibliothèque sans frontière ont décerné mercredi des prix aux gagnants du concours de texte qu’a organisé la plateforme en décembre dernier dans plusieurs écoles et universités de l’aire métropolitaine
4h 30 p.m. La petite salle de conférence de l’Association nationale des institutions de microcrédit en Haïti est déjà bondée de monde. Des dizaines d’élèves et d’étudiants, accompagnés d’un parent ou d’un responsable de leurs établissements scolaires s’impatientent de recevoir le fruit de leur labeur. Sur une table placée à quelques mètres de la porte d’entrée s’alignent des tablettes, des livres et des certificats d’honneur. « Je suis heureux d’être parmi les gagnants. A présent, je vais pouvoir me former », se réjouit un élève du collège Canado-Haïtien qui occupe la troisième place au concours.

Placés par titres honorifiques, les élèves du collège Marie-Anne, de l’institution du Sacré-Cœur et du collège Canado-Haïtien, ont tour à tour reçu leurs prix sous des salves d’applaudissements. Dans la même veine, des étudiants de la Faculté des sciences humaines de l’Université d’Etat d’Haïti (UEH), de l’Ecole nationale des infirmières (ENI) et de l’Ecole nationale supérieure de technologie (ENST) ont aussi été récompensés de leurs efforts.

Sourire béat, Roberts Waddle, docteur en économie industrielle et le patron de la plateforme Jobpaw, explique la nécessité d’organiser un tel concours. « L’idée est de permettre aux participants de travailler ensemble, mais aussi, d’identifier les différents problèmes que confrontent leurs établissements scolaires et universitaires et de proposer des pistes de solutions », affirme d’un air enjoué.

A l'aide d'une protection sur écran géant, le P.D.G. de Jobpaw épluche les différents problèmes que les participants ont relevés dans leurs textes. Il croit que les directeurs d’école et recteurs d’université doivent être proactifs au lieu de se plaindre à longueur de journée des problèmes rencontrés. Selon lui, ils doivent créer une synergie entre l’université et la société. « Une école qui n’a pas une infirmerie peut faire un partenariat avec l’Ecole nationale des infirmières afin de recruter de nouveaux diplômés pouvant garantir de meilleurs soins de santé à ses élèves. C’est idem pour une école qui n’a pas de psychologue. Cela permettra dans un premier temps de résorber le chômage. En sus, les élèves bénéficient d’un meilleur encadrement et amélioreront l’image de l’école», lance Roberts Waddle, sous les applaudissements du public.

Christie Duperval, de l’Institution du Sacré-Cœur, et Daphney Jean-Pierre, de l’ENST, se disent toutes deux heureuses d’être parmi les gagnantes. Elles soulignent que ce concours leur a permis de se dépasser et de découvrir leur potentiel. Ensemble, elles invitent la jeunesse à se rapprocher beaucoup plus du livre « J’encourage les jeunes à se rapprocher du livre : à travailler au bien-être de leur communauté et à oser. Car, disent-elles, ils sont l’avenir du pays ».

Dans les prochains jours, Roberts Waddle prévoit de rencontrer des directeurs d’école et des recteurs d’université afin de voir comment résoudre les différents problèmes soulevés dans les textes des participants. Selon lui, les responsables d’entreprise et les directeurs d’école ne créent pas assez d’opportunités pour les jeunes diplômés. Sans l’accord de ces deux piliers, dit-il, l’économie sera toujours branlante. Il insinue que « pour créer de la richesse, il faut de l’opportunité et de l’interaction. Cependant, en Haïti, on ne crée pas d'opportunités et d'intéractions entre les universitaires, les professionnels et les entreprises, voilà pourquoi nous n’avons pas une économie florissante ».

Les écoles gagnantes
 1. Collège Marie-Anne, Lude Sankara Désir, Beverlye Gédéon et Medjine Saint-Fleur 2. Institution du Sacré-Coeur, Chritie Duperval et Audrey Nérette 3. Collège Canado-Haitien Jennifer Capriati Bazile, Chavannes Derosiers et Viard Benson
Les Universités gagnantes 
1. Faculté des sciences humaines (UEH) Ann Valerie Balmir, Lynn Balmir et Johnley Israël 2. Ecole nationale des infirmières de PAP (UEH) Jose Cardyne Boutin 3. Ecole nationale supérieure de technologie (ENST) Dafnée Jean-Pierre


Joubert Rochefort
jrochefort@lenouvelliste.com